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Droit fiscal 
Les incitations fiscales à la création d'entreprise
Exonération temporaire de certains impôts locaux
Date de mise à jour : 09/04/2008
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Afin d’encourager la création d’entreprises dans certaines zones sensibles du territoire français, le Code général des impôts (CGI) prévoit divers allègements fiscaux pour les entreprises qui s’y installent.

Outre l’impôt sur les bénéfices (voir la fiche Exonération d’impôt sur les bénéfices de certaines entreprises nouvelles), sont concernées au niveau local : la taxe professionnelle, la taxe foncière et la taxe pour frais de chambres de commerce et d’industrie.
Pour une liste des communes concernées, vous pouvez :

  • consulter les plans des zones à la délégation interministérielle à la ville (DIV), 194, avenue du Président-Wilson, à Saint-Denis-la-Plaine ;
  • consulter le site internet de la DIV : http://i.ville.gouv.fr ;
  • envoyer une demande écrite à la DIV (fax : 01 49 17 46 37).
Les exonérations varient en fonction des zones d’installation. La durée de l’exonération varie en fonction de plusieurs critères décrits ci-dessous.
I. EXONÉRATION DE DEUX ANS
Cette exonération de taxe professionnelle, de taxe pour frais de CCI et/ou de taxe foncière, prévue aux articles 1464 B et 1464 C du Code général des impôts porte au minimum sur les deux années suivant celle de la création d’entreprise. Elle peut s’étendre sur 5 ans.
 
A. Bénéficiaires de la mesure
Il s’agit des entreprises nouvelles implantées :
  • dans les zones de redynamisation urbaine (ZRU) ,
  • depuis le 1er janvier 2007 et jusqu’au 31 décembre 2013, dans les zones d’aide à finalité régionale.

Ces entreprises doivent exercer une activité industrielle, commerciale ou artisanale. Néanmoins, les sociétés soumises à l’IS qui ont une activité professionnelle non commerciale peuvent bénéficier de la mesure lorsqu’elles emploient au moins trois salariés pendant toute la période d’application du dispositif.

En revanche, sont hors champ d’application, les entreprises exerçant une activité bancaire, financière, d’assurance, de gestion d’immeubles.

B. Conditions

1. Tenant à l’entreprise

L’entreprise doit être :
  • créée avant le 31 décembre 2009 (sauf dans les zones d’aide à finalité régionale où l’entreprise peut s’installer jusqu’au 31 décembre 2013) ;
  • réellement nouvelle. L’exonération n’est donc pas applicable en cas de restructuration, de concentration ou d’extension d’activités préexistantes ;
  • implantée exclusivement en zone éligible à la mesure. Elle doit y avoir sa direction effective et l’ensemble de ses moyens humains et matériels ;
  • soumise à un régime réel d’imposition ce qui exclut le régime de la micro- entreprise ;
  • indépendante, s’il s’agit d’une société. Son capital ne doit pas être détenu pour plus de la moitié par d’autres sociétés.

A l’exception des entreprises exerçant une activité non commerciale qui sont nécessairement constituées sous forme de société soumise à l’IS, la mesure bénéficie à toutes structures, qu’elles relèvent de l’impôt sur le revenu (BIC, BNC) ou de l’impôt sur les sociétés.

Attention : ces conditions doivent être respectées tout au long de la période pendant laquelle l’entreprise bénéficie de l’exonération ou de l’allégement d’impôt. Si une ou plusieurs de ces conditions n’étaient plus remplies, l’entreprise perdrait le bénéfice du dispositif.

2. Tenant aux collectivités locales

L’exonération est subordonnée à une décision des collectivités locales et des organismes consulaires concernés, pour la part qui leur revient. Ceux-ci se prononcent sur la durée de l’exonération (comprise entre deux et cinq ans) et sur son étendue (une ou plusieurs taxes).

3. Tenant aux règles communautaires

L’exonération accordée ne peut excéder 200 000 euros par période de 3 ans pour chaque entreprise concernée (aides "de minimis").
D’autres plafonds d’exonération résultant de la réglementation européenne s’ajoutent à celui-ci, notamment pour les entreprises installées dans les nouvelles zones d’aide à finalité régionale.
II. EXONERATION DE CINQ ANS

L’exonération de la taxe professionnelle (à l’exclusion de toute autre taxe locale), dont les modalités sont détaillées ci-après, est régie par les articles 1466 A I, I ter et I quater du Code général des impôts.

A. Bénéficiaires de la mesure

Sont concernées les entreprises employant moins de 150 salariés et qui ont fait l’objet d’une création, d’une extension d’établissement ou d’un changement d’exploitant dans une zone urbaine sensible (ZUS) ou une zone de redynamisation urbaine (ZRU) avant le 31 décembre 2008.

Le chiffre d’affaires annuel des entreprises installées en ZUS ne doit pas excéder 50 millions d’euros ou le total de leur bilan à la clôture ne doit pas excéder 43 millions d’euros pour bénéficier de l’exonération.

Les entreprises installées en zones franches urbaines (ZFU) sont également concernées par l’exonération, si elles répondent à des conditions spécifiques qui varient selon la date de création des ZFU (voir plus loin).

B. Conditions

1. Délibération des collectivités locales

Dans les ZRU et les ZFU, l’exonération de taxe professionnelle s’applique à toute entreprise qui s’y installe sauf délibération contraire des collectivités.

Dans les ZUS, l’exonération est subordonnée à la décision des collectivités.

2. Option de l’entreprise

Pour bénéficier de cette mesure d’exonération, les entreprises doivent en formuler l’option sur leur déclaration provisoire de taxe professionnelle n° 1003 P. Cette option est irrévocable.

Remarque :
lorsque l’entreprise est éligible à plusieurs mesures d’exonération, elle doit opter pour l’un ou l’autre de ces régimes.

C. Nature de la mesure

1. Montant de l’exonération

L’exonération pendant cinq ans de taxe professionnelle est plafonnée.

Pour 2006, le plafond des bases nettes imposables pris en compte est de 337 713 euros pour les entreprises installées en ZFU, et de 125 197 euros pour celles installées en ZUS et en ZRU.

2. Abattement dégressif supplémentaire

Les entreprises créées en ZRU et en ZFU entre 2002 et 2007 bénéficient d’un abattement dégressif sur la base d’imposition des trois années suivant l’expiration des cinq premières années d’exonération.
L’abattement est égal, la première année suivant la période d’exonération de cinq ans, à 60 % de la base exonérée de la dernière année du dispositif initial d’exonération ; il est égal à 40 % de cette base la deuxième année et à 20 % la troisième.
Pour les entreprises de moins de cinq salariés et installées en ZFU, l’abattement dégressif s’étale sur neuf ans au lieu de trois.
III. NOUVEAU REGIME D'EXONERATION DANS LES ZFU
Certains quartiers classés dans les ZRU bénéficient de l’appellation plus restrictive de «ZFU», zones créées dans des quartiers de plus de 8 500 habitants particulièrement défavorisés au regard des critères pris en compte pour la détermination des ZRU.
Il existe trois générations de ZFU en fonction de leur date de création. Les plus récentes, dites de « troisième génération », datent de la loi n° 2006-396 du 31 mars 2006 pour l’égalité des chances. La liste en a été arrêtée par un décret n° 2006-930 du 28 juillet 2006.
Cette même loi prévoit un nouveau régime d’exonération qui s’applique depuis le 1er janvier 2006 dans les trois générations de ZFU.
 
A. Conditions
L’entreprise doit employer au plus 50 salariés au 1er janvier 2006 ou à la date de sa création.
Elle doit avoir soit réalisé un chiffre d’affaires inférieur à 10 millions d’euros, soit un total de bilan inférieur à 10 millions d’euros.
Lorsque l’entreprise est constituée sous forme de société, son capital et ses droits de vote ne doivent pas être détenus à 25 % ou plus par une ou plusieurs entreprises dont l’effectif excède 250 salariés et dont le chiffre d’affaires annuel hors taxes excède 50 millions d’euros ou dont le total du bilan annuel excède 43 millions d’euros.
Pour bénéficier de cette exonération prévue à l’article 1466 A I du CGI, l’entreprise doit en faire la demande au service des impôts dont elle relève au plus tard le 31 décembre de l’année de la création ou de la reprise d’établissement.

L’exonération s’applique de plein droit, sauf délibération contraire des collectivités territoriales.

B. Nature de la mesure

Comme dans le régime antérieur, l’exonération de taxe professionnelle est d’une durée de 5 ans dans la limite d’une base imposable de 337 713 euros pour 2006. A l’issue de cette période, l’entreprise bénéficie d’un abattement complémentaire sur 3 ou 9 ans (voir II, C).

Inforeg, au service des entreprises

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