Les chômeurs créateurs ou repreneurs d'entreprise peuvent bénéficier d'une exonération temporaire et partielle des cotisations sociales dues au titre de leur activité d'entrepreneur.
Peuvent bénéficier de l'exonération de charges sociales au titre de l'ACCRE (article L. 5141-1 du Code du travail) :
1°- les demandeurs d’emploi indemnisés ;
2°- les demandeurs d’emploi non indemnisés inscrits au Pôle emploi au moins 6 mois au cours des 18 derniers mois ;
3°- les bénéficiaires de l'allocation de solidarité spécifique (ASS) ou du revenu de solidarité active (RSA) et de l’Allocation Temporaire d’Attente (ATA) ;
4°- les personnes remplissant les conditions pour bénéficier du contrat-jeune(article L.5134-1 du Code du travail) : il s'agit des jeunes de 18 à 25 ans révolus et des jeunes de 26 à 30 ans non indemnisés ou reconnus handicapés ;
5°- les salariés repreneurs de leur entreprise en difficulté (entreprise en procédure de sauvegarde, de redressement ou de liquidation judiciaire) ;
6°- les titulaires d’un contrat d’appui au projet d’entreprise (CAPE), s’ils remplissent l’une des conditions ci-dessus énumérées ;
7°- les personnes physiques qui créent une entreprise en zone urbaine sensible (ZUS) ;
8°- les allocataires du complément de libre choix d’activité (allocation versée aux personnes qui interrompent totalement ou partiellement leur activité professionnelle pour s’occuper de leur enfant de moins de 3 ans).
Le bénéficiaire doit créer ou reprendre une entreprise industrielle, commerciale, artisanale, agricole ou libérale.
Le bénéficiaire doit exercer son activité soit à titre individuel, soit sous forme de société à condition d’en exercer le contrôle effectif.
Il y a contrôle effectif de la société dans les hypothèses énumérées ci-après :
Peuvent donc, notamment, bénéficier du dispositif : l’entrepreneur individuel, l’associé unique de l’EURL, le gérant majoritaire de la SARL, le gérant égalitaire ou minoritaire sous certaines conditions de détention de parts sociales énumérées ci-dessus, l’associé majoritaire non gérant de la SARL pour l’exécution d’un contrat de travail dans la société.
L’aide consiste en une exonération de charges sociales pendant douze mois à compter de la date d’affiliation de l’assuré au régime de protection sociale des non-salariés ou du début de l’activité de l’entreprise s’il relève du régime de protection sociale des salariés.
L’exonération porte sur les cotisations dues au titre des assurances sociales : maladie, maternité, veuvage, retraite de base, invalidité et décès et allocations familiales, que le bénéficiaire relève du régime des travailleurs non-salariés ou du régime des salariés. Dans ce dernier cas, l’exonération concerne à la fois les charges patronales et "salariales" (exemple du gérant minoritaire rémunéré).
L’exonération est limitée à un plafond de revenu correspondant à 120 % du Smic en vigueur au 1er janvier (soit 19 022 euros pour 2009). La partie des revenus qui dépasse ce seuil n’est pas exonérée et est soumise à cotisations sociales.
L’ACCRE peut être cumulée, sous certaines conditions, avec l’allocation de solidarité spécifique (ASS), l’allocation temporaire d’attente (ATA), l'allocation de veuvage ou le revenu de solidarité active (RSA).
La demande d’ACCRE est adressée au Centre de Formalités des Entreprises (CFE) compétent pour la déclaration de création ou de reprise d’entreprise.
Lorsque l’aide est accordée, l’URSSAF délivre au demandeur une attestation d’admission au bénéfice de l’aide.
Remarque : les bénéficiaires de l'aide financière sous forme d’une avance remboursable sont dispensés d’adresser une demande d’ACCRE au CFE (article R. 5141-9 du Code du travail).
Une nouvelle exonération au titre de l'ACCRE ne peut être accordée qu'à l'expiration d'un délai de 3 ans suivant la dernière décision d'attribution de l'aide (article R.5141-3 du Code du travail).
