La loi du 26 juillet 2005 dite de sauvegarde des entreprises définit les modalités spécifiques d'intervention de l'AGS dans la procédure de sauvegarde et revient sur son champ d'application.
L’AGS (Association pour la gestion du régime d’assurance des créances des salariés) gère un régime d’assurance des créances salariales, par l’intermédiaire de ses centres de gestion et d’étude (CGEA), à l’exception du recouvrement des cotisations, qui est de la compétence des ASSEDIC.
Ce régime d’assurance est destiné à régler un certain nombre de créances salariales apparaissant en cas d’ouverture d’une procédure de sauvegarde, de redressement ou de liquidation judiciaire.
Les entreprises doivent souscrire une assurance contre le risque de non-paiement des sommes dues aux salariés au titre du contrat de travail et mise à la charge de l’employeur. Cette garantie est financée par une cotisation patronale dont le taux est fixé à 0,15% (sur une base de calcul de 0 à 10 728 euros). Tout commerçant, toute personne inscrite au répertoire des métiers, tout agriculteur, toute autre personne physique exerçant une activité professionnelle indépendante et toute personne morale de droit privé doit assurer ses salariés contre le risque de non paiement des sommes qui leur sont dues en exécution du contrat de travail (article L. 143-11-1 alinéa 1 du Code du travail).
L’AGS intervient à titre subsidiaire. Le mécanisme ne joue, en effet, que si les créances ne peuvent être payées en tout ou partie sur les fonds disponibles dans l’entreprise.
La gestion de ce régime de garantie est assurée par l’UNEDIC, les ASSEDIC et par une association patronale. Concrètement, l’AGS verse au mandataire judiciaire les sommes dues aux salariés. Celui-ci a l’obligation, dans le cadre d’une procédure de sauvegarde, de caractériser « l’insuffisance des fonds disponibles ». L’AGS peut contester ladite insuffisance devant le juge-commissaire.
Sont bénéficiaires, les salariés liés par un contrat de travail à l’entreprise (sans condition d’ancienneté), y compris ceux qui sont détachés à l’étranger, expatriés et les salariés étrangers en situation régulière, qu’ils soient ou non ressortissants des États membres de l’Union européenne. Le régime bénéficie aux salariés dont les contrats sont suspendus pour congé maternité, congé parental, accident du travail.
Trois catégories de créances sont garanties par l’AGS :
Elles ne jouent qu’en cas d’ouverture d’une procédure collective. Elles sont issues du contrat de travail et doivent être payées par priorité à toute autre créance par l’administrateur sur ordonnance du juge commissaire dans un délai de dix jours suivant le prononcé du jugement d’ouverture de la procédure.
Il s’agit des rémunérations de toute nature dues aux salariés et apprentis pour les soixante derniers jours de travail effectif (à compter du dernier jour de travail et non du jugement d’ouverture).
Les rémunérations concernées sont entendues au sens large : elles comprennent les salaires, ainsi que tous les accessoires, et notamment certaines indemnités telles que :
Il s’agit des :
- salaires des six derniers mois de travail effectif .
- accessoires des salaires des six derniers mois de travail effectif, c’est-à-dire :
Il s’agit :
Les contributions patronales et les créances salariales dues au titre de la CRP sont prises en charge par l’AGS.
Il s’agit des créances nées de la rupture du contrat de travail :
- pendant la période d’observation .
- dans le mois suivant le jugement qui arrête le plan de sauvegarde, de redressement ou de cession .
- dans les quinze jours qui suivent le jugement de liquidation .
- pendant le maintien provisoire de l’activité autorisée par le jugement de liquidation judiciaire.
Une demande d’autorisation doit alors nécessairement être présentée à l’inspection du travail.
Ces créances sont couvertes par l’AGS dès lors que l’administrateur judiciaire, l’employeur ou le liquidateur a manifesté, au cours des périodes visées à l’article L. 143-11-1, son intention de rompre le contrat de travail.
Le représentant des créanciers doit, dans un délai de dix jours suivant le jugement du tribunal, établir et envoyer à l’institution de garantie un relevé des créances salariales qui est ensuite contrôlé par le représentant des salariés (voir la fiche Le représentant des salariés).
L’AGS doit remettre les fonds au représentant des créanciers :
- dans les cinq jours, s’il s’agit de créances superprivilégiées .
- dans les huit jours pour les autres créances.
Le système de plafonnement de la garantie des salaires est revu à la baisse :
L’AGS ne couvre pas le risque de rupture du contrat de travail pour cause de force majeure consécutive à un sinistre lié à l’exécution dudit contrat. Les indemnités sont alors supportées par l’employeur.
