L’augmentation de capital dans les SARL est soumise à des conditions et des modalités particulières et doit respecter certaines formalités de publicité. Elle se traduit soit par l’élévation de la valeur nominale des parts sociales, soit par la création de nouvelles parts.
Dans la mesure où elle implique une modifications des statuts, la décision d’augmenter le capital social relève de la compétence d’une assemblée générale extraordinaire des associés. En conséquence, la décision doit être prise à la majorité des trois quarts des parts sociales (voir la fiche Quelles conditions de vote pour les assemblées de SARL et de SA ? ). Les statuts ne peuvent prévoir une majorité plus forte.
2. Exceptions
Deux exceptions existent cependant :
la décision d'augmenter le capital par incorporation de bénéfices ou de réserves est prise par les associés représentants au moins la moitié des parts sociales.
En cas de création de nouvelles parts sociales, sont admis à souscrire à une augmentation de capital :
Par ailleurs, si le souscripteur marié sous le régime de la communauté de biens effectue des apports en numéraire et/ou en nature relevant de la communauté, il doit obtenir l’accord de son conjoint et justifier de cette information dans l'acte d'apport. Celui-ci peut alors accepter d’être associé à hauteur de la moitié des parts sociales attribuées, ou y renoncer (pour des modèles, voir : la lettre de revendication de la qualité d’associé et lettre de renonciation à revendiquer la qualité d’associé).
En pratique, deux situations doivent être envisagées :
Dans les huit jours de leur réception, les fonds correspondant à l’augmentation de capital doivent être déposés par le gérant, contre remise d’un certificat de dépôt :
Le retrait des fonds ne pourra se faire qu’après la décision de l’AGE ayant constaté l’augmentation.
B. Apports en nature
Lorsque l’augmentation résulte en tout ou partie d’apports en nature, un commissaire aux apports doit être nommé par le président du tribunal de commerce du siège social, sur requête du gérant.
Il a pour mission d’évaluer le bien apporté. Son rapport doit être déposé, en double exemplaire, au greffe du tribunal de commerce, huit jours au moins avant la date de l’assemblée appelée à décider de l’augmentation.
Concrètement, un contrat fixant les modalités des apports effectués est établi entre le gérant et le ou les apporteurs. Ce traité d’apport est ensuite soumis à l’approbation des associés réunis en AGE.
L’incorporation de réserves et de bénéfices au capital se fait par un simple virement des comptes de « réserves » et/ou de « bénéfices » au compte « capital ». La décision d'augmentation du capital par voie d'incorporation de réserves ou de bénéfices peut être prise par des associés représentant au moins la moitié des parts sociales.
Remarque générale :
si des réserves et/ou des plus-values latentes existent, le souscripteur peut être amené à payer une prime d’émission en plus de la valeur nominale des parts sociales, et ce quel que soit le type d’apports effectués.
Exemple :
Une SARL détient un capital social de 8 000 euros divisé en 800 parts de 10 euros chacune. Si les réserves et/ou des plus-values se chiffrent à un total de
4 000 euros, la valeur vénale de la part est donc égale à :
(8 000 + 4 000)/ 800 = 15 euros
En conséquence, en cas d’augmentation de capital, une prime d’émission de
5 euros pour chaque part acquise doit être versée à la société.
L’acte ou le procès-verbal constatant l’augmentation de capital doit obligatoirement être enregistré au service des impôts des entreprises du lieu du siège social de la société, dans le délai d’un mois à compter de sa date.
Fiscalement les apports faits au cours de la société à l’occasion d’une augmentation de capital et rémunéré par des droits sociaux (apports dits purs et simples) suivent le régime mentionné ci-après :
En revanche, lorsque les apports sont réalisés à titre onéreux, l’opération suit le même régime que lors de la constitution de la société, sous réserve de l’application du droit fixe de 375 € (ou de 500 €). Pour en savoir plus, voir la fiche Le statut fiscal de la SARL.
Enfin, lorsqu’elle a lieu par incorporation de réserves, bénéfices ou provisions, l’augmentation de capital donne lieu au paiement d’un droit fixe de 375 € (ou 500 € pour les sociétés ayant un capital après apport d’au moins 225 000 €).
L’avis d’insertion doit contenir les mentions suivantes :
Doivent être déposées au CFE :
Le centre de formalités des entreprises assure le dépôt des documents sus-visés au greffe du tribunal de commerce qui procède à une inscription modificative au registre du commerce et des sociétés, puis à l’insertion au BODACC.
