Lorsque les méthodes de règlement amiable de l’impayé (lettre de relance et mise en demeure) se sont révélées inefficaces, le chef d’entreprise doit envisager des mesures plus contraignantes à l’encontre de son débiteur en agissant directement devant les tribunaux.
À ce titre, l’injonction de payer est un moyen très simple pour une entreprise de recouvrer sa créance et présente l’avantage d’être une procédure judiciaire rapide et peu coûteuse.
Son régime est défini aux articles 1405 et suivants du Nouveau Code de procédure civile (NCPC).
Une telle procédure peut également être utilisée lorsque la créance résulte d’une facture, d’une lettre de change, d’un billet à ordre, de l'endossement ou de l'aval de l'un ou de l'autre de ces titres, ou d’un bordereau Dailly.
Attention : la demande ne peut pas être engagée si le débiteur a été mis en redressement ou en liquidation judiciaire. Le créancier a donc intérêt à se renseigner, auprès du greffe du tribunal de commerce compétent, sur la situation financière de son cocontractant, avant d’engager la procédure.
La demande d'injonction de payer doit être portée devant le juge du lieu de résidence du débiteur ou de l'un des débiteurs s'ils sont plusieurs.
Par ailleurs, la nature de la créance dont le recouvrement est demandé va déterminer la juridiction compétente:
Dans les deux cas, le juge territorialement compétent est celui où demeure le débiteur poursuivi. Toute clause contraire est réputée non écrite.
Attention : la procédure d’injonction de payer ne peut être exercée qu’à l’encontre d’une personne ayant une résidence ou un établissement en France.
1 La créance est commerciale lorsqu’elle naît à l’occasion de relations professionnelles entre personnes de droit privé, physiques ou morales, commerçantes.
2 La créance est civile lorsqu’elle naît à l’occasion de relations entre personnes de droit privé, physiques ou morales, non commerçantes (consommateur, association, etc.).
3 La créance est mixte lorsqu’elle naît à l’occasion de relations entre une personne de droit privé, physique ou morale, commerçante et une personne de droit privé, physique ou morale, non commerçante
Elle doit contenir de manière claire et précise :
- l’identité des parties (créancier et débiteur) en y indiquant, pour les personnes physiques, leurs nom, prénoms, profession et domicile, nationalité, date et lieu de naissance du demandeur et pour les personnes morales, leur forme, dénomination, siège social et l'organe les représentant légalement ;
- l'objet de la demande ;
La requête doit s’accompagner de tous les documents justificatifs (exemples : bon de commande, contrat commercial, copie de facture impayée, traite acceptée revenue impayée, lettre de mise en demeure de payer, etc.).
Remarque : pour établir votre demande, vous pouvez remplir le formulaire Cerfa d'injonction de payer :
- n° 12946*01 pour le tribunal de commerce ;
- n°12-947*01 pour la juridiction de proximité ;
- n° 12948*01 pour le tribunal d'instance.
Ces fomulaires sont disponibles sur internet, à l’adresse suivante www.cerfa.gouv.fr
Deux situations doivent être envisagées :
L’acte de signification portant injonction de payer doit, en sus des mentions prescrites pour tout acte d’huissier, contenir sommation d’avoir :
- à payer au créancier le montant de la somme fixée par l’ordonnance ainsi que les intérêts et frais de greffe dont le montant est précisé ;
La signification indique, en outre, le délai dans lequel l’opposition doit être formée, le tribunal compétent et les formes requises.
Remarque : seul le débiteur peut former opposition à l’ordonnance lui faisant injonction de payer soit par une déclaration contre récépissé, soit par une lettre recommandée avec demande d'avis de réception.
Celle-ci doit être portée devant le tribunal qui a rendu l’ordonnance d’injonction de payer. Dès réception de la déclaration d’opposition, le greffier convoque toutes les parties à l’audience.
Si l’une des parties ne s’est pas présentée ou fait représenter : son défaut produit les déchéances de droit commun. Ainsi, s’il s’agit du créancier, son absence aboutit à la rétractation de l’ordonnance d’injonction de payer. En revanche, si le débiteur ne se présente pas à l’audience, le tribunal est autorisé à statuer sur le fond.
Avec la formule exécutoire, l’ordonnance produit les effets d’un jugement définitif, c’est-à-dire non susceptible d’appel. Le créancier est ainsi autorisé à procéder à des mesures d’exécution forcée en cas de non paiement de sa dette par le débiteur (par exemple : demander la saisie de biens mobiliers).
