Le cumul de plusieurs activités professionnelles distinctes est possible mais emporte d’importantes conséquences notamment sur la protection sociale du pluriactif.
La pluriactivité est le fait pour une personne d’exercer simultanément plusieurs activités professionnelles relevant de régimes de protection sociale distincts sur une même année de référence. Ainsi, il y a pluriactivité lorsque :
sont exercées deux activités indépendantes relevant d’organismes de protection sociale différents. Par exemple : l’indépendant est déjà artisan ou membre d’une profession libérale et s’inscrit au Registre du Commerce et des Sociétés pour exercer aussi une activité commerciale ;
Ces situations ont des conséquences sur la protection sociale, quelque soit le régime social (salariés, non-salariés y compris les régimes spéciaux de salariés comme celui des fonctionnaires).
L’exercice distinct d’une activité salariée et d’une activité non-salariée non-agricole est possible dès lors que le contrat de travail ne l’interdit pas et que l’activité non-salariée ne concurrence pas celle de l’employeur. Pour en savoir plus, consulter la fiche "Les clauses du contrat de travail".
Le pluriactif n’est soumis à aucune condition de durée de travail dans le cadre de son activité non-salariée.
B. Situation au regard de l’assurance vieillesse
Il faut distinguer le cas de la retraite de base de celui de la retraite complémentaire.
Le pluriactif est affilié simultanément au régime des non-salariés non-agricoles dont il dépend et au régime général des salariés.
Les cotisations doivent être versées aux deux régimes concernés. Elles sont prélevées de manière indépendante sur les ressources relevant de chaque régime.
La question sous-jacente à la pluriactivité est celle de la totalisation des trimestres : peut-on additionner les différents trimestres travaillés dans chaque activité ? Cette question est importante car cela permet de déterminer le taux des pensions de retraite, sachant que chaque régime calcule sa part en fonction des trimestres acquis. Ainsi, les régimes de base de retraite des artisans, des commerçants et des salariés sont alignés, tant pour les cotisations que pour les prestations qui sont donc identiques. En conséquence, les périodes d’assurance, tous régimes confondus, sont prises en compte, dans la limite de 4 trimestres par an, pour calculer le taux de la pension de retraite qui est de 50 % au maximum. De ce fait, le pluriactif pourra bénéficier d’une pension de retraite calculée sur une période supérieure à 160 trimestres puisqu’il cumule donc les prestations de retraite de base auprès des différents régimes.
Les droits liés à chaque régime de retraite complémentaire s’apprécient distinctement car les différents régimes ne sont pas alignés. Il appartient au pluriactif de contacter les caisses concernées.
C. Situation au regard de l’assurance maladie et maternité
Le pluriactif est affilié simultanément au régime des non-salariés non agricoles dont il dépend et au régime général des salariés.
Les cotisations doivent être versées aux deux régimes concernés. Elles sont prélevées de manière indépendante sur les ressources relevant de chaque régime.
Les prestations ne sont versées que par un seul régime, celui de l’activité principale.
La détermination de l’activité principale a lieu au plus tard le 31 décembre suivant l’expiration de l’année civile au cours de laquelle plusieurs activités ont été exercées et prend effet le 1er janvier suivant. Aucun changement de régime ne peut intervenir dans les 3 années qui suivent cette date sauf si le pluriactif cesse d’exercer cette activité.
L’activité non-salariée est présumée être exercée à titre principal. Mais cette présomption simple peut être renversée si le pluriactif justifie :
Les prestations en espèces sont également servies par le régime dont relève l’activité principale. Par dérogation, lorsque le pluriactif remplit les conditions pour l’ouverture des droits aux prestations en espèce dans le régime général, il peut demander à les percevoir dans ce dernier régime.
Les salariés qui créent ou reprennent une entreprise, tout en conservant leur emploi salarié, peuvent bénéficier d’une exonération partielle de cotisations de Sécurité sociale (pour la part de rémunération ou de revenu n’excédant pas 120 % du Smic) dues au titre de leur activité indépendante et ce, pendant les 12 premiers mois d’exercice de cette nouvelle profession.
Pour bénéficier de cette exonération, il faut que :
L’exonération doit être demandée à l’issue des 90 premiers jours de la période d’activité par le pluriactif auprès :
Cette exonération ne pourra être obtenue pour une nouvelle création ou reprise d’entreprise intervenant moins de 3 ans après la précédente.
Si le repreneur ou le créateur d’entreprise relève au titre de sa nouvelle activité du régime des non salariés, l’exonération porte sur les cotisations d’assurance maladie, maternité, veuvage vieillesse, invalidité décès et d’allocations familiales dues au titre de l’activité exercée pendant les 12 premiers mois d’activité.
Si le repreneur relève du régime des salariés au titre de sa nouvelle activité, l’exonération porte sur les cotisations patronales et salariales d’assurance maladie, maternité, veuvage, vieillesse, invalidité / décès, allocations familiales dues au titre de l’activité exercée pendant les 12 premiers mois d’activité.
Restent dues les cotisations accidents du travail-maladies professionnelles (AT/MP), la CSG et la CRDS, les cotisations de Sécurité Sociale sur la partie de rémunération ou de revenu excédant 120% du SMIC, les contributions au Fonds National d’Aide au Logement, la contribution de solidarité pour l’autonomie, et le cas échéant, le versement transport.
Le pluriactif peut bénéficier d’un congé non rémunéré d’un an pour création d’entreprise (renouvelable une fois). Pour cela, il doit avoir au moins 24 mois d’ancienneté au sein de l’entreprise.
La demande est à faire auprès de l’employeur au moins 2 mois avant la date de départ en congé souhaitée.
Trois situations sont alors possibles :
Le pluriactif travailleur non-salarié est exclu du régime micro-social. Ainsi, par exemple, un gérant majoritaire de SARL ne peut pas être également auto-entrepreneur (circulaire n°2008-017 du 22 février 2008).
Le pluriactif est affilié au régime dont relève son activité principale qui est déterminée en fonction de deux critères cumulatifs :
Si l’ensemble des revenus n’est pas connu, deux situations sont à distinguer :
Si les revenus sont connus, les cotisations doivent être versées à la caisse dont relève l’activité principale. Elles sont alors prélevées sur l’ensemble des revenus procurés par les différentes activités et font l’objet d’un appel unique de cotisations.
En ce qui concerne le calcul des cotisations, deux situations sont à distinguer :
Les prestations ne se cumulent pas. Elles sont versées par l’organisme dont dépend l’activité principale.
Un retraité peut, sous conditions, cumuler sa pension de retraite et les revenus tirés d'une activité indépendante. Deux situations sont à distinguer :
Dans ce cas, le cumul est possible à condition que l’assuré ait cessé son activité et ait liquidé ses pensions de vieillesse personnelles.
Une pension de vieillesse peut être entièrement cumulée avec une activité professionnelle :
Pour les retraités répondant à ces conditions, le cumul se fait sans condition depuis le 1er janvier 2009 : le délai de latence de 6 mois et le plafond de cumul ne leur sont plus applicables. Les assurés qui ne remplissent pas les conditions d’âge et/ou de durée d’assurance mentionnées restent soumis aux conditions antérieures.
Pour en savoir plus sur ce cumul particulier qui peut aussi être applicable aux indépendants, consulter la fiche « Cumul emploi-retraite des commerçants ».
