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Droit social 
Aides et statut du créateur/dirigeant
La pluriactivité
Date de mise à jour : 17/08/2009
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Le cumul de plusieurs activités professionnelles distinctes est possible mais emporte d’importantes conséquences notamment sur la protection sociale du pluriactif.

Remarque : cette étude n’évoque pas le cas des activités agricoles.
I.DEFINITION DE LA PLURIACTIVITE

La pluriactivité est le fait pour une personne d’exercer simultanément plusieurs activités professionnelles relevant de régimes de protection sociale distincts sur une même année de référence. Ainsi, il y a pluriactivité lorsque : 

  • sont exercées deux activités indépendantes relevant d’organismes de protection sociale différents. Par exemple : l’indépendant est déjà artisan ou membre d’une profession libérale et s’inscrit au Registre du Commerce et des Sociétés pour exercer aussi une activité commerciale ; 

  • sont exercées simultanément une activité indépendante et une activité salariée. Par exemple : un salarié crée une entreprise de type SARL dans laquelle il est gérant majoritaire ;
  • sont cumulées une pension de retraite et une activité professionnelle. Par exemple : un salarié retraité souhaite se déclarer auto-entrepreneur tout en continuant à percevoir ses droits à retraite. Pour en savoir plus sur ce cumul particulier qui peut aussi être applicable aux indépendants, consulter la fiche « Cumul emploi-retraite des commerçants ».

Ces situations ont des conséquences sur la protection sociale, quelque soit le régime social (salariés, non-salariés y compris les régimes spéciaux de salariés comme celui des fonctionnaires). 

Attention : il n’y a pas de pluriactivité lorsqu’une même personne exerce simultanément plusieurs activités relevant d’un même régime de protection sociale. C’est le cas, par exemple, lorsqu’une personne est gérant minoritaire de plusieurs sociétés.
II. CUMUL D'UNE ACTIVITE SALARIEE ET D'UNE ACTIVITE NON SALARIEE NON AGRICOLE
A. Conditions d’exercice de la pluriactivité

L’exercice distinct d’une activité salariée et d’une activité non-salariée non-agricole est possible dès lors que le contrat de travail ne l’interdit pas et que l’activité non-salariée ne concurrence pas celle de l’employeur. Pour en savoir plus, consulter la fiche "Les clauses du contrat de travail".
Le pluriactif n’est soumis à aucune condition de durée de travail dans le cadre de son activité non-salariée.

B. Situation au regard de l’assurance vieillesse

Il faut distinguer le cas de la retraite de base de celui de la retraite complémentaire.

1. La retraite de base
a. Affiliation

Le pluriactif est affilié simultanément au régime des non-salariés non-agricoles dont il dépend et au régime général des salariés.

b. Paiement des cotisations

Les cotisations doivent être versées aux deux régimes concernés. Elles sont prélevées de manière indépendante sur les ressources relevant de chaque régime.

c. Versement des prestations

La question sous-jacente à la pluriactivité est celle de la totalisation des trimestres : peut-on additionner les différents trimestres travaillés dans chaque activité ? Cette question est importante car cela permet de déterminer le taux des pensions de retraite, sachant que chaque régime calcule sa part en fonction des trimestres acquis. Ainsi, les régimes de base de retraite des artisans, des commerçants et des salariés sont alignés, tant pour les cotisations que pour les prestations qui sont donc identiques. En conséquence, les périodes d’assurance, tous régimes confondus, sont prises en compte, dans la limite de 4 trimestres par an, pour calculer le taux de la pension de retraite qui est de 50 % au maximum. De ce fait, le pluriactif pourra bénéficier d’une pension de retraite calculée sur une période supérieure à 160 trimestres puisqu’il cumule donc les prestations de retraite de base auprès des différents régimes. 

Remarque : les trimestres validés auprès des régimes de retraite de base des professions libérales sont pris en compte dans les 160 trimestres.
2. La retraite complémentaire

Les droits liés à chaque régime de retraite complémentaire s’apprécient distinctement car les différents régimes ne sont pas alignés. Il appartient au pluriactif de contacter les caisses concernées.

C. Situation au regard de l’assurance maladie et maternité

1. Affiliation

Le pluriactif est affilié simultanément au régime des non-salariés non agricoles dont il dépend et au régime général des salariés.

2. Paiement des cotisations

Les cotisations doivent être versées aux deux régimes concernés. Elles sont prélevées de manière indépendante sur les ressources relevant de chaque régime.

3. Versement des prestations 

Les prestations ne sont versées que par un seul régime, celui de l’activité principale.

La détermination de l’activité principale a lieu au plus tard le 31 décembre suivant l’expiration de l’année civile au cours de laquelle plusieurs activités ont été exercées et prend effet le 1er janvier suivant. Aucun changement de régime ne peut intervenir dans les 3 années qui suivent cette date sauf si le pluriactif cesse d’exercer cette activité.

L’activité non-salariée est présumée être exercée à titre principal. Mais cette présomption simple peut être renversée si le pluriactif justifie :

  • avoir accompli au cours de l’année civile précédente au moins 1200 heures de travail salarié ;
  • avoir retiré un revenu salarié au moins égale au revenu retiré de l’activité indépendante. Dans ce cas, les revenus à prendre en compte sont ceux retenus pour le calcul de l’impôt de l’année civile précédant celle de la détermination de l’activité principale.
Remarque : lorsque le pluriactif débute une activité indépendante alors qu’il est déjà salarié, l’activité salariée est considéré exercée à titre principal. Les prestations sont donc versées par le régime général. Par contre, en cas de démarrage simultané des deux activités, l’activité indépendante est à nouveau présumée exercer à titre principal.

Les prestations en espèces sont également servies par le régime dont relève l’activité principale. Par dérogation, lorsque le pluriactif remplit les conditions pour l’ouverture des droits aux prestations en espèce dans le régime général, il peut demander à les percevoir dans ce dernier régime.

4. Exonération de cotisations sociales propre au salarié créateur
a. Définition

Les salariés qui créent ou reprennent une entreprise, tout en conservant leur emploi salarié, peuvent bénéficier d’une exonération partielle de cotisations de Sécurité sociale (pour la part de rémunération ou de revenu n’excédant pas 120 % du Smic) dues au titre de leur activité indépendante et ce, pendant les 12 premiers mois d’exercice de cette nouvelle profession.

b. Conditions

Pour bénéficier de cette exonération, il faut que :

  • l’activité salariée soit antérieure à la date de création ou de reprise de l’entreprise et donner lieu pour l’employeur à l’obligation d’assurance chômage ;
  • le salarié effectue au moins 910 heures d’activité salariée dans les 12 mois précédant la date de création ou de reprise de l’entreprise et  au moins 455 heures d’activité salariée au cours des 12 mois suivant la création ou la reprise d’entreprise.
Remarque : pour la détermination du nombre d’heures, sont considérées comme équivalentes à des périodes d’activité salariée les périodes durant lesquelles les intéressés ont été involontairement privés d’emploi et ont perçu un revenu de remplacement du type allocation de solidarité, RSA, allocation chômage, les journées d’interruption de travail pour maladie, maternité, les repos pour adoption ou accident, dés lors que l’incapacité physique à reprendre le travail a été médicalement reconnue, les périodes de formation professionnelle rémunérée. Chaque journée équivaut à 6 heures d’activité.
c. Demande

L’exonération doit être demandée à l’issue des 90 premiers jours de la période d’activité par le pluriactif auprès : 

  • soit du RSI pour les artisans, commerçants, industriels et de l’URSSAF pour les professions libérales, si le pluriactif relève au titre de sa nouvelle activité du régime des travailleurs non salariés ; 
  • soit de l’URSSAF s’il relève au titre de sa nouvelle activité du régime général des salariés.

Cette exonération ne pourra être obtenue pour une nouvelle création ou reprise d’entreprise intervenant moins de 3 ans après la précédente.

d. Protection sociale

Si le repreneur ou le créateur d’entreprise relève au titre de sa nouvelle activité du régime des non salariés, l’exonération porte sur les cotisations d’assurance maladie, maternité, veuvage vieillesse, invalidité décès et d’allocations familiales dues au titre de l’activité exercée pendant les 12 premiers mois d’activité.

Si le repreneur relève du régime des salariés au titre de sa nouvelle activité, l’exonération porte sur les cotisations patronales et salariales d’assurance maladie, maternité, veuvage, vieillesse, invalidité / décès, allocations familiales dues au titre de l’activité exercée pendant les 12 premiers mois d’activité.

Restent dues les cotisations accidents du travail-maladies professionnelles (AT/MP), la CSG et la CRDS, les cotisations de Sécurité Sociale sur la partie de rémunération ou de revenu excédant 120% du SMIC, les contributions au Fonds National d’Aide au Logement, la contribution de solidarité pour l’autonomie, et le cas échéant, le versement transport.


5. Congé et temps partiel pour création d’entreprise
a. Définition

Le pluriactif peut bénéficier d’un congé non rémunéré d’un an pour création d’entreprise (renouvelable une fois). Pour cela, il doit avoir au moins 24 mois d’ancienneté au sein de l’entreprise.

b. Demande

La demande est à faire auprès de l’employeur au moins 2 mois avant la date de départ en congé souhaitée.

Trois situations sont alors possibles : 

  • soit l’employeur est d’accord. Dans ce cas, la réponse positive est communiquée au salarié par lettre recommandée avec avis de réception ou remise en main propre contre décharge, dans les 30 jours qui suivent réception de la demande. Passé ce délai, l’accord est réputé acquis ;
  • soit l’employeur décide de reporter le congé ou le temps partiel. Cela est possible si d’autres salariés bénéficient déjà de cette mesure ou d’un congé sabbatique. Le quota est fixé à 2 % de l’effectif ou du nombre de jours travaillés, selon que l’entreprise compte plus ou moins 200 salariés. Le report est également possible, sans justification, dans la limite de 6 mois à compter de la présentation de la demande ;
  • enfin, l’employeur peut refuser s’il estime, dans une entreprises de moins de 200 salariés et après consultation des représentants du personnel, que l’absence du salarié peut avoir des conséquences préjudiciables pour l’entreprise. Il doit alors motiver sa décision.
III. EXERCICE SIMULTANEE DE PLUSIEURS ACTIVITES NON SALARIES NON AGRICOLES
A. Conditions d'exercice

Le pluriactif travailleur non-salarié est exclu du régime micro-social. Ainsi, par exemple, un gérant majoritaire de SARL ne peut pas être également auto-entrepreneur (circulaire n°2008-017 du 22 février 2008).

B. Protection sociale
1. Affiliation

Le pluriactif est affilié au régime dont relève son activité principale qui est déterminée en fonction de deux critères cumulatifs :

  • les revenus tirés de chaque activité ;
  • le temps de travail consacré à chaque activité.

Si l’ensemble des revenus n’est pas connu, deux situations sont à distinguer : 

  • soit les activités n’ont pas débuté simultanément. Dans ce cas, seuls les revenus de la première activité sont connus. L’affiliation au régime de cette première activité est donc maintenue. Lorsque l’ensemble de vos revenus est connu, la caisse procèdera éventuellement à un changement d’affiliation ;
  • soit les activités ont débuté simultanément : le pluriactif doit indiquer son activité principale à sa caisse. Lorsque l’ensemble des revenus est connu, la caisse détermine l' activité principale et l’organisme collecteur.
2.Paiement des cotisations 

Si les revenus sont connus, les cotisations doivent être versées à la caisse dont relève l’activité principale. Elles sont alors prélevées sur l’ensemble des revenus procurés par les différentes activités et font l’objet d’un appel unique de cotisations.

En ce qui concerne le calcul des cotisations, deux situations sont à distinguer :

  • soit les activités n’ont pas débuté simultanément et seuls les revenus de la première activité sont connus. Dans ce cas, les règles de calcul forfaitaires des cotisations en début d’activité ne sont donc pas applicables. Lorsque l’ensemble des revenus sera connu, la caisse procèdera à une régularisation ;
  •  soit les activités ont débuté simultanément et aucun des revenus n'est connu. Dans ce cas, le pluriactif peut bénéficier des règles de calcul forfaitaires des cotisations applicables en début d’activité. Une régularisation interviendra la troisième année d’exercice des activités.
 3.Versement des prestations 

Les prestations ne se cumulent pas. Elles sont versées par l’organisme dont dépend l’activité principale.

IV. CUMUL EMPLOI RETRAITE

Un retraité peut, sous conditions, cumuler sa pension de retraite et les revenus tirés d'une activité indépendante. Deux situations sont à distinguer :

A. Le retraité était affilié au régime général de Sécurité sociale
1. Principe

Dans ce cas, le cumul est possible à condition que l’assuré ait cessé son activité et ait liquidé ses pensions de vieillesse personnelles.

Une pension de vieillesse peut être entièrement cumulée avec une activité professionnelle : 

  • à partir de l’âge de 65 ans ; 
  • à partir de 60 ans lorsque l’assuré justifie d’une durée d’assurance lui permettant de prétendre à une pension au taux plein.

Pour les retraités répondant à ces conditions, le cumul se fait sans condition depuis le 1er janvier 2009 : le délai de latence de 6 mois et le plafond de cumul ne leur sont plus applicables. Les assurés qui ne remplissent pas les conditions d’âge et/ou de durée d’assurance mentionnées restent soumis aux conditions antérieures.

B. Le retraité était affilié au régime des travailleurs non salariés

Pour en savoir plus sur ce cumul particulier qui peut aussi être applicable aux indépendants, consulter la fiche « Cumul emploi-retraite des commerçants ».

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