Un Voyageur Représentant Placier (VRP) se définit d'une manière générale comme un représentant de commerce salarié. Cette profession est régie par les articles L. 7311-1 et suivants du Code du travail et par l'Accord national interprofessionnel du 3 octobre 1975.
Le statut de VRP s’applique de plein droit lorsque les conditions ci-après sont réunies (article L. 7311-3 du Code du travail) :
- l’activité professionnelle exercée doit être une activité de représentation commerciale (visite d’une clientèle existante ou éventuelle à l’extérieur de l’entreprise dans le but de prendre ou de provoquer des commandes) ;
- la représentation commerciale est obligatoirement faite pour le compte d’un ou plusieurs employeurs ;
- le représentant ne doit pas effectuer d’opérations commerciales pour son propre compte ;
- il doit exercer cette profession de façon exclusive et constante. Néanmoins, l’exercice d’activités accessoires est admis s’il s’inscrit dans le cadre de son activité principale de représentation ;
- enfin, il doit déterminer, par avance, avec son employeur la nature des prestations de services à réaliser ou de marchandises à offrir à la vente ou à l’achat, la région de prospection ou les catégories de clients qu’il est chargé de visiter, ainsi que le taux de la rémunération.
Si la personne ne satisfait pas l’ensemble des conditions légales, le statut peut lui être appliqué conventionnellement, en accord avec son employeur, dans la mesure où il avantage le salarié. Dans cette hypothèse, le représentant bénéficiera des droits et avantages du VRP statutaire.
Le VRP peut être monocarte ou multicarte selon qu’il sera au service d’un employeur unique ou de plusieurs employeurs. En cas de représentation multiple, le contrat devra contenir la déclaration des maisons ou des produits déjà représentés ainsi que l’engagement de ne pas prendre de nouvelles représentations sans accord préalable de l’employeur (article L. 7313-6 du Code du travail).
Les dispositions de l’accord national interprofessionnel du 3 octobre 1975 s’appliquent obligatoirement au VRP (voyageur, représentant et placier) et à l’entreprise qui l’emploie. Ce statut confère la qualité de salarié au représentant.
Le contrat de travail du VRP peut être à durée déterminée ou indéterminée.
Une période d’essai peut être stipulée mais elle ne peut être supérieure à trois mois (article L. 7313-5 du Code du travail). Durant cette période d’essai, le contrat peut être rompu mais l’employeur sera tenu de verser au VRP, dont la rémunération n’est pas uniquement composée d’un fixe, une commission de retour sur échantillonnage (commission sur les commandes non encore transmises à l’employeur à la rupture effective du contrat mais qui correspond au résultat des démarches personnelles antérieures du VRP).
Attention : la rupture de la période d'essai est soumise aux règles de droit commun relatives au délai de prévenance, à savoir (articles L. 1221-25 et L. 1221-26 du Code du travail) :
Si la rupture est à l'initiative de l'employeur, le délai de prévenance est de :
- 24 heures en deçà de huit jours de présence
- 48 heures entre huit jours et un mois de présence
- deux semaines après un mois de présence
- un mois après trois mois de présence
Si la rupture est à l'initiative du salarié, le délai de prévenance est de :
- 48 heures si la présence du salarié dans l’entreprise est supérieure ou égale à huit jours ;
- 24 heures si la présence du salarié dans l’entreprise est inférieure à huit jours.
Le salaire du VRP peut être constitué :
Elles doivent être payées au moins trimestriellement. En principe, le droit à commission est acquis dès la passation de la commande, même si elle n’est pas exécutée. Par exception, et en vertu d’un contrat de travail ou d’un usage, ce droit peut néanmoins être subordonné à l’exécution de la commande et à l’encaissement du prix.
La rémunération est déterminée librement entre l’employeur et le VRP lors de la conclusion du contrat de travail. Cependant, l’article 5 de l’Accord du 3 octobre1975 prévoit un revenu minimum professionnel garanti qui ne concerne que les VRP exclusifs.
Ainsi le VRP exclusif a droit, au titre de chaque trimestre d’emploi à plein temps, à une ressource minimale forfaitaire qui ne peut être inférieure à 520 fois le SMIC horaire en vigueur le dernier jour du trimestre ( soit 4607,20 euros depuis le 1er janvier 2010).Pour vérifier si cette rémunération minimale est atteinte, il faut déduire les frais professionnels de la rémunération du VRP. Pour les trois premiers mois d’activité à temps plein, la ressource minimale forfaitaire ne pourra être inférieure, déduction faite des frais professionnels, à 390 fois le taux horaire du SMIC en vigueur à la fin du dernier mois échu (soit 3455,40 euros depuis le 1er janvier 2010).
Si l’employeur verse un complément de salaire afin d’atteindre le salaire minimum conventionnel, il peut récupérer le montant de ce complément sur les rémunérations des trois trimestres suivants. La récupération de ce complément n’est possible que sur la partie des rémunérations supérieure au revenu minimum conventionnel.
Attention : le SMIC sera applicable aux VRP soumis à un horaire contrôlable (c’est-à-dire soumis à un horaire déterminé).
La réglementation relative à la durée du travail ne s’applique pas au VRP. Il n’a donc pas droit à une rémunération des heures supplémentaires.
Le VRP peut prétendre, en sus de ce montant, au remboursement de ses frais professionnels :
Comme tous les salariés, le VRP a droit à un congé payé annuel égal à 2,5 jours ouvrables par mois de travail accompli, au cours de la période de référence allant du 1er juin au 31 mai, soit 30 jours ouvrables par an.
Le montant de l’indemnité de congés payés est égal à 1/10ème du gain total perçu par le VRP entre le 1er juin et le 31 mai suivant. Sa base de calcul correspond à la rémunération de base (le fixe et les commissions), en excluant les frais professionnels.
Les dispositions légales sur la durée du travail (35 heures par semaine) ne sont pas applicables au VRP sauf convention ou accord particulier.
Le VRP peut bénéficier d’un contrat de travail à temps partiel. Son contrat de travail devra mentionner la durée hebdomadaire ou mensuelle de travail.
Certaines clauses du contrat de travail des VRP revêtent un caractère obligatoire à l’instar des éléments qui conditionnent le statut du VRP comme la nature des prestations de services ou des marchandises, le lieu où le VRP exerce son activité, les clients qu’il peut démarcher et le taux des rémunérations (fixe et/ou commissions).
Le VRP bénéficie de l’ensemble des dispositions relatives à la représentation du personnel. L’accord national interprofessionnel recommande la création d’un collège propre aux VRP lorsque leur nombre est égal ou supérieur à vingt.
F. Application des conventions collectives de branche
L’accord national interprofessionnel du 3 octobre 1975 s’applique aux VRP. De ce fait, le VRP ne bénéficie pas en principe de la convention collective applicable à l’entreprise qui l’emploie, sauf clause conventionnelle contraire.
Le contrat de travail à durée indéterminée du VRP peut être rompu par démission, licenciement ou rupture conventionnelle.
Un préavis doit être respecté en cas de démission ou de licenciement à l’exception de celui prononcé pour faute grave. Sa durée est de (article L. 7313-9 du Code du travail) :
Remarque : Le préavis des VRP employés hors de France est augmenté de la durée normale du voyage de retour lorsque la résiliation de leur contrat entraîne leur retour en France (article L. 7313-10 du Code du travail).
Attention : une indemnité compensatrice de préavis peut être due en cas d’opposition à son exécution par une des parties au contrat de travail. Elle est alors à la charge de celle qui s’y est opposé. Son montant correspond aux salaires et avantages directs ou indirects que le salarié aurait perçus s’il avait travaillé pendant cette période, après déduction des frais professionnels. La faute grave est privative de cette indemnité.
Le salarié est susceptible de percevoir, selon les conditions de la rupture du contrat de travail, les indemnités suivantes :
L’indemnité spécifique de rupture conventionnelle dont le montant ne peut être inférieur au montant de l’indemnité légale de licenciement ou l'indemnité conventionnelle de licenciement si elle est plus favorable,
l’indemnité conventionnelle de départ en retraite pour les VRP ayant 65 ans au moins (ou 60 ans en cas d'inaptitude) ou, l'indemnité légal (à partir de 10 ans d'ancienneté - article D. 1237-1 du Code du travail),
e) En cas de mise (à l'initiative de l'employeur) à la retraite
Attention : ces indemnités ne sont pas dues par l’employeur en cas de rupture motivée par une faute grave (à l’exception de l’indemnité compensatrice de congés payés et l’indemnité de non-concurrence) ou lourde (à l’exception de l’indemnité de non-concurrence) du salarié.
a) Régime applicable
Les VRP soumis aux dispositions des articles L. 7313-1 et suivants du Code du travail ont une obligation d’affiliation au régime général de la Sécurité sociale (article L. 311-3, 2° Code de la sécurité sociale).
L’assiette des cotisations de Sécurité sociale est déterminée comme pour les autres salariés. La rémunération prise en compte est la rémunération brute (fixe, commissions, primes, indemnités de congés payés).
Pour le calcul de l’assiette des cotisations sociales, l’employeur peut opter soit pour une déductibilité "au réel", soit pour l’abattement forfaitaire de 30 % limité à 7 600 euros par an et par employeur. Dans ce dernier cas, il doit incorporer dans la rémunération déclarée le remboursement des frais professionnels (arrêté du 25 juillet 2005).
Selon la nature de leurs fonctions ou du montant de leur rémunération, les VRP relèvent d' institutions de retraite complémentaire différentes.
Les cotisations sont calculées sur les mêmes bases que les cotisations de sécurité sociale, la rémunération prise en compte étant nette de frais professionnels.
Les VRP ont droit aux allocations de chômage et relèvent des règles générales de ce régime. une circulaire du 5 août 2009 est venue préciser les règles d’indemnisation applicables aux VRP.
En ce qui concerne la durée d’affiliation, les VRP doivent justifier de 122 jours d’affiliation au cours des 28 mois qui précèdent la fin du contrat de travail (36 mois pour les salariés âgés de 50 ans et plus).
Lors de la rupture de leur contrat de travail, les VRP perçoivent notamment les commissions de retour sur échantillonnage ainsi que l’indemnité de clientèle. La circulaire rappelle que les commissions de retour sur échantillonnage sont inclues dans la détermination du salaire de référence, contrairement aux indemnités de clientèle qui en sont exclues. Les commissions dont le versement est différé pour cause de litige pourront être réintégrées dans le salaire de référence si le VRP prouve que ces sommes lui sont dues.
En plus de leur affiliation au régime général de la Sécurité sociale, les VRP multicartes doivent demander leur affiliation à la Caisse nationale de compensation des cotisations de Sécurité sociale des VRP (CCVRP).
Pour plus d'information :
CCVRP
Site internet : www.ccvrp.com
