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Droit social 
Obligations de l'employeur et sécurité dans l'entreprise
Le document unique d'évaluation des risques
Date de mise à jour : 22/05/2008
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Une exigence réglementaire pour gérer la sécurité dans l’entreprise

L’employeur est tenu, en vertu de l’obligation générale de sécurité qui lui incombe, d’évaluer les risques éventuels et de prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé des salariés de son entreprise. 

A cette fin, en application des articles L.2 4121-1 et R.1 4121-1 du Code du travail, il doit élaborer et tenir à jour un document unique dévaluation des risques qui recense lensemble des risques pour la santé et la sécurité du personnel dans lentreprise. 

Toutes ces obligations sont précisées dans la circulaire DRT n° 2002-06 du 18 avril 2002 publiée au Bulletin officiel du Ministère du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle n° 2002/10 du 5 juin 2002 consultable sur www.travail-solidarité.gouv.fr.

I. QUELLES SONT LES ENTREPRISES CONCERNÉES ?

Toute entreprise qui emploie un ou plusieurs salariés. 

C’est à l’employeur lui-même qu’incombe la réalisation de ce document ; il peut confier cette mission à un salarié et/ou choisir de s’adjoindre des collaborateurs ou un organisme extérieur. A cette fin, il peut également consulter le comité d’hygiène de sécurité et des conditions de travail, les délégués du personnel, les salariés, le médecin du travail et l’inspection du travail. Quoiqu’il en soit, sa responsabilité demeurera entière. 

Remarque : Le Comité d’hygiène de sécurité et des conditions de travail ou CHSCT est un organisme de l’entreprise, composé de représentants du personnel, qui a pour rôle de contribuer à la protection de la santé et à la sécurité des salariés de l’entreprise. Sa constitution est obligatoire dans les entreprises de 50 salariés et plus. 

Le défaut de transcription ou de mise à jour des résultats de l’évaluation des risques est puni d’une amende prévue pour les contraventions de 5ème classe, soit 1500 euros au plus, montant porté à 3000 euros en cas de récidive (article R. 4741-1 du nouveau Code du travail et article 131-12 et suivants du Code pénal).

II. QUELLE FORME, QUEL CONTENU POUR QUELLES FINALITÉS?
A. Forme 

La réglementation ne prévoit aucun document « type » mais il doit nécessairement prendre la forme d’un support unique qui peut être aussi bien un document papier que numérique.
Si le support numérique comporte des informations nominatives, une déclaration préalable doit être effectuée auprès de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL). Pour plus d’information consulter le site www.cnil.fr. 

B. Contenu 

Le Code du travail indique que l’opération d’évaluation des risques consiste, pour l’employeur, à établir un :
« inventaire des risques identifiés dans chaque unité de travail de l’entreprise ou de l’établissement ». 

1. Inventaire des risques 

Afin de réaliser cet inventaire, il faut, en premier lieu, identifier les dangers, c’est à dire repérer les sources potentielles de dommage pour la santé des travailleurs. Dans un deuxième temps, il faudra se livrer à une analyse des risques, en observant quelles sont les conditions d’exposition des salariés à ces dangers. 

2. Unité de travail 

La notion d’unité de travail varie d’une situation à une autre : en toute hypothèse, elle doit permettre de tenir compte de la très grande diversité des modes d’organisation du travail.
Il peut ainsi s’agir d’un poste de travail, d’un type de poste occupé par plusieurs salariés ou encore d’une situation géographique de travail (à titre d’exemple : chantier).

3. Annexes 

Des comptes-rendus de réunions du CHSCT, des questionnaires adressés aux salariés, des rapports du médecin du travail, les certificats de contrôle d’organismes vérificateurs ou encore le bilan social en matière d’hygiène et de sécurité peuvent être annexés au document unique d’évaluation des risques. 

C. Finalités 

Le document unique doit servir à l’élaboration du bilan de la situation générale de l’hygiène, de la sécurité et des conditions de travail et du programme annuel de prévention des risques prévus à l’article L. 4612-16 du Code du travail.

III. COMMENT RÉDIGER LE DOCUMENT UNIQUE ?

La rédaction du document unique doit être effectuée en tenant compte des évolutions inhérentes à la vie de l’entreprise : embauche de nouveaux salariés, achats de nouveaux équipements ou produits. 

Les entreprises peuvent obtenir des aides techniques ou financières de la part d’organismes publics, para-publics ou privés aux fins de préparer et d’identifier les risques puis d’envisager et de mettre en œuvre des actions de prévention. 

Pour plus d’information, consulter : 

- le site www.travail.gouv.fr et notamment la fiche pratique « les aides à l’amélioration des conditions de travail » ;
- l’Agence nationale (et ses antennes régionales) pour l’amélioration des conditions de travail et notamment son site www.anact.fr

A. Préparation de l’évaluation 

La circulaire DRT (Direction des relations du travail) du 18 avril 2002 rappelle que l’employeur doit, avant d’engager une démarche préventive, prendre connaissance des principes généraux de prévention. Dans cet objectif, il est souhaitable qu’il associe à sa démarche les acteurs internes à l’entreprise : CHSCT et les délégués du personnel, médecin du travail mais également salariés eux-mêmes (ils peuvent apporter leur témoignage sur d’éventuels risques inhérents à leur situation de travail).

B. Identification et classification des risques 

L’identification des risques va consister à examiner chaque catégorie de poste de travail pour ensuite dresser un bilan des dangers existants sur ce poste. 

L’examen de ce bilan va permettre de planifier des actions de prévention des risques sur ces postes. 

Des dispositions particulières de prévention des explosions sont prévues par le Code du travail. Consulter les articles R. 4227-46 et suivants dudit Code sur le site www.legifrance.gouv.fr .

C. Proposition d’actions préventives 

Après avoir recueilli l’avis des représentants du personnel, l’employeur formalise ces actions de prévention. 

D. Mise en œuvre des actions de prévention 

Elle peut prendre des formes diverses : 

- engagement de formations destinées aux salariés,
- élaboration de nouvelles consignes de travail,
- modernisation des équipements de travail ou aménagement des locaux.

Remarque :
pour plus d’information sur les étapes de l’évaluation, consulter le dossier de la gestion de la sécurité dans l’entreprise sur :
http://www.environnement.ccip.fr/sante-securite/securite/evaluation-des-risques.htm
 
IV. QUAND ACTUALISER LE DOCUMENT ?

Le document unique doit faire l’objet d’une mise à jour au minimum annuelle. Il doit être ponctuellement mis à jour dans deux cas :

A. Décision d’aménagement important

Par décision d’aménagement important, il convient d’entendre celle entraînant une modification des conditions d’hygiène et de sécurité ou des conditions de travail et notamment à l’occasion de toutes les transformations importantes des postes de travail. Celui-ci peut résulter, à titre d’exemples, d’un changement de l’outillage, de produit ou encore d’une modification des cadences ... 

B. Nouvelles appréciation des risques

Il s’agit de prendre en compte l’apparition de risques, consécutive à des évènements tels que l’évolution des connaissances techniques et scientifiques, la survenance d’accidents du travail ou de maladies professionnelles ou encore de nouvelles règles concernant la santé et la sécurité des travailleurs.

V. QUI PEUT CONSULTER LE DOCUMENT ?
A. Consultation par des personnes appartenant à l’entreprise

Le document doit être tenu à la disposition : 

- des délégués du personnel ;
- du CHSCT ;
- des salariés exposés aux risques lorsque l’entreprise ne comprend ni CHSCT, ni délégué du personnel. L’employeur devra donc prendre soin de conserver le document en un lieu facilement accessible pour le personnel ;
- du médecin du travail. 

Si l’employeur ne tient pas à la disposition du CHSCT ou des délégués du personnel le document unique d’évaluation des risques, il se rend coupable du délit d’entrave puni d’un an d’emprisonnement et d’une amende de 3750 euros ou de l’une de ces deux peines seulement. En cas de récidive, l’emprisonnement peut être porté à deux ans et l’amende à 7500 euros (articles L. 4742-1 ou L. 2316-1 du nouveau Code du travail).

B. Consultation par des personnes extérieures à l’entreprise

Le document est également tenu, sur leur demande, à la disposition : 

- de l’inspecteur du travail,
- des agents des services de prévention,
- des organismes professionnels d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail présents dans les branches d’activité à haut risque. 

Si l’employeur ne tient pas le document à la disposition de l’inspecteur du travail, il s’expose à une amende prévue pour les contraventions de 3ème classe, soit 450 euros au plus (articles L.8113-4 et suivants et R. 3173-1 du nouveau Code du travail ainsi que 131-12 et suivants du Code pénal).

Pour plus d’information, consulter sur le site www.environnement.ccip.fr/ les fiches suivantes :

- la gestion de la sécurité dans l’entreprise :
http://www.environnement.ccip.fr/sante-securite/securite/index.htm

- les fiches pratiques sur le risque :
http://www.environnement.ccip.fr/sante-securite/risque/index.htm

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