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Loi de modernisation de l'économie du 4 août 2008
Principales mesures juridiques de la LME
Date de mise à jour : 26/09/2008
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Au sommaire :

1. Auto-entrepreneur, vers un statut simplifié de l'entreprise individuelle

A compter du 1er janvier 2009, la personne physique qui souhaite exercer une activité commerciale sera dispensée de la formalité d'immatriculation au registre du commerce et des sociétés, sous réserve d'avoir optée pour le régime micro-social d'imposition.
Pour mémoire, ce régime est ouvert aux seules personnes qui réalisent un chiffre d'affaires annuel :

  • inférieur à 80 000 euros pour une activité d'achat/revente ;
  • inférieur à 32 000 euros pour une activité de services.

Le créateur devra faire, toutefois, une déclaration d'activité au centre de formalités des entreprises dans des conditions devant être précisées ultérieurement par décret. Ce statut dit de l'auto-entrepreneur permet de bénéficier d'un prélèvement d'impôts à la source réglable périodiquement au fur et à mesure de la réalisation du chiffre d'affaires (voir, Les principales mesures fiscales de la LME).

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2. Simplification du droit applicable aux sociétés commerciales

2.1. Ce qui change pour la SARL

Depuis le 6 août 2008, les associés peuvent, si les statuts l’autorisent, participer et voter aux assemblées à distance en utilisant des moyens de télécommunication tels que la visioconférence. Ces associés sont réputés présents pour le calcul du quorum et de la majorité. En revanche, cette faculté ne peut être utilisée pour l’approbation annuelle des comptes.

2.2. Ce qui va changer pour la SAS

  • Capital social

A compter du 1er janvier 2009, il appartiendra aux associés de déterminer librement le montant du capital social dans les statuts. L'exigence d'un capital social minimum est désormais abandonnée.

  • Apports en industrie

A compter du 1er janvier 2009, les apports en industrie jusque là interdits seront autorisés dans les SAS, sous réserve d'une évaluation période par un commissaire aux apports.

  • Dispense de commissaire aux comptes

A compter du 1er janvier 2009, la désignation d'un commissaire aux comptes sera facultative dans les SAS n'ayant pas dépassé à la clôture d'un exercice social certains seuils (total du bilan, chiffre d'affaires, nombre de salariés). Ces seuils seront fixés ultérieurement par décret en Conseil d'état.

2.3. Ce qui change ou va changer pour les sociétés unipersonnelles (EURL, SASU)

Attention : les mesures de simplification décrites ci-dessous concernent exclusivement les EURL et SASU dont l'associé unique est une personne physique qui assume également les fonctions de gérant de l'entreprise.
  • Allégement du régime de publicité légale

Au plus tard le 31 mars 2009, les sociétés unipersonnelles vont pouvoir bénéficier d'un allégement du régime de publicité légale. En effet, un décret doit prochainement prévoir les modalités de dispense de publicité au BODACC de certains actes intervenant lors de la création ou en cours de vie sociale de ces sociétés.

  • Dépôt des comptes annuels

> Concernant la SASU : à partir du 1er janvier 2009, le dépôt au tribunal de commerce de l'inventaire et des comptes annuels dûment signés par le gérant/associé unique vaudra approbation desdits comptes. Le gérant sera, en outre, dispensé de la formalité de l'enregistrement du récépissé de dépôt sur son registre des procès-verbaux. Il devra, cependant, tenir à disposition de tout intéressé son rapport de gestion au siège social de la SASU.

> Concernant l'EURL : depuis le 6 août 2008, le gérant/associé unique est dispensé de déposer au greffe du tribunal de commerce le rapport de gestion. Ce document doit, toutefois, être mis à disposition de tout intéressé au siège social de l’entreprise.

Par ailleurs, l’associé unique est également affranchi de procéder à l’enregistrement du récépissé de dépôt des comptes sur son registre des procès-verbaux.
  • Statuts type d'EURL

Lors de l’immatriculation d’une EURL au registre du commerce et des sociétés, le modèle de statuts types fixé par décret s’applique à moins que le créateur ne produise d’autres statuts à l’appui de sa demande d’inscription.

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3. Modernisation du statut des baux commerciaux

3.1. Bail de courte durée

Depuis le 6 août 2008, la conclusion de plusieurs baux de courte durée successifs est autorisée, dès lors que la durée totale de l’ensemble des contrats n’excède pas deux ans.

3.2. Indice des loyers commerciaux

Les articles du Code monétaire et financier et du Code de commerce sont modifiés pour légaliser l’indice des loyers commerciaux.
 
Les textes prévoient que loyer d’un bail commercial peut être indexé sur la variation de l’indice national du coût de la construction ou, pour des activités commerciales définies par décret, sur la variation de l’indice trimestriel de loyers commerciaux publié dans des conditions fixées par ce même décret par l’Institut national de la statistique et des études économiques. 

Cette mesure entrera en vigueur dès la publication du décret qui fixera la liste des activités pouvant bénéficier de l’ILC et les conditions de sa publication par l’INSEE, et sous réserve par ailleurs que les parties choisissent de faire référence à cet indice.

3.3. Immatriculation au RCS ou au RM

Auparavant, en cas de pluralité de preneurs ou d’indivisaires, chacun d’eux devait être immatriculé au registre du commerce et des sociétés (RCS) ou au répertoire des métiers (RM), sauf exceptions.
 
Depuis  le 6 août dernier, si le bail est consenti à plusieurs preneurs ou indivisaires, l’exploitant du fonds de commerce ou du fonds artisanal bénéficie du statut des baux commerciaux même en l’absence d’immatriculation au RCS ou au RM de ses copreneurs ou coindivisaires sous réserve que ces derniers ne participent pas personnellement à l'exploitation du fonds.
3.4. Renouvellement
La référence aux « usages locaux » est supprimée et remplacée en matière de congé. Désormais, celui-ci doit être donné pour le dernier jour du trimestre civil et au moins six mois à l’avance. 

Il en est de même de la référence au « terme d’usage » qui est remplacée soit par le premier jour du trimestre civil (articles L. 145-8 et 145-12), soit par le dernier jour du trimestre civil (article L.145-9 alinéa 3).

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4. Domiciliation d'entreprise et activité professionnelle chez soi

4.1. Reconnaissance de la domiciliation collective à l'entrepreneur individuel

La possibilité pour les personnes physiques de bénéficier de la domiciliation collective est rétablie. Toutefois, l’application de cette mesure est soumise à la parution d’un décret qui précisera, notamment, les équipements ou services requis pour justifier de la réalité de l’installation de l’entreprise domiciliée.

4.2. Exercice d'une activité dans un local d'habitation

Attention : les mesures décrites ci-dessous s'appliqueront à partir du 1er janvier 2009 sous réserve de l’entrée en vigueur de dispositions fiscales (loi de finances ou loi de finances rectificatives) prévoyant la compensation des charges assumées par les communes aux lieu et place du préfet, du fait du transfert de compétence.
  • Changement total d'usage des locaux destinés à l'habitation

Le changement d’usage des locaux destinés à l’habitation sera toujours soumis à autorisation préalable :
- dans les communes de plus de 200 000 habitants ;
- dans les départements des Hauts-de-Seine, de la Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne.

Toutefois, l’autorisation sera désormais délivrée par le maire de la commune dans laquelle est située l’immeuble (et non plus le préfet), après avis, à Paris, Marseille et Lyon, du maire d’arrondissement concerné.

Le conseil municipal devra, dans le cadre d’une délibération, fixer les conditions dans lesquelles seront délivrées les autorisations et déterminées les compensations par quartier et, le cas échéant, par arrondissement, au regard des mêmes objectifs que ceux actuels.
 
L’autorisation de changement d’usage sera toujours accordée à titre personnel. Elle cessera de produire ses effets lorsqu’il sera mis fin, à titre définitif, pour quelque raison que ce soit, à l’exercice professionnel du bénéficiaire.
  • Changement partiel d'usage des locaux destinés à l'habitation

Dès lors qu’aucune disposition contractuelle prévue dans le bail ou le règlement de copropriété ne s’y oppose, le maire pourra autoriser l’exercice d’une activité professionnelle, y compris commerciale, dans une partie du local d’habitation.

Ce changement partiel d’usage sera soumis à certaines conditions :
- le local d’habitation utilisé doit être la résidence principale du demandeur ;
- l’activité exercée ne doit engendrer ni nuisance, ni danger pour le voisinage (réception de clientèle, stockage de marchandises, par exemple) et ne conduire à aucun désordre pour l’immeuble ;
- il est nécessaire d’obtenir l’autorisation préalable du propriétaire (passé un délai d’un mois, cet avis est réputé favorable).
 
Le bail d’habitation du local concerné ne sera pas soumis au statut des baux commerciaux et ne pourra pas être considéré comme un élément constitutif du fonds de commerce.
 
Remarque : cette disposition ne sera pas applicable aux locaux situés dans un HLM dès lors que l’occupant souhaite y exercer une activité commerciale.
  • Exception au changement d'usage 
a) Première dérogation

La dérogation de l’article L. 631-7-3 du Code de la construction et de l’habitation est reprise. Toutefois, elle sera désormais conditionnée au fait qu’aucune stipulation contractuelle prévue dans le bail ou le règlement de copropriété ne s’y oppose.

Remarque : cette disposition s’appliquera aux locaux situés dans un HLM.
b) Deuxième dérogation
Un article L. 631-7-4 est inséré dans le code de la construction et de l’habitation. Il dispose que, dès lors qu’aucune stipulation contractuelle prévue dans le bail ou le règlement ne s’y oppose, l’exercice d’une activité professionnelle, y compris commerciale, est autorisée dans une partie d’un local d’habitation situé au rez-de-chaussée.
 
La dérogation s’applique uniquement si l’activité considérée :
- n’est exercée que par le ou les occupants ayant leur résidence principale dans ce local ;
- n’engendre ni nuisance, ni danger pour le voisinage (réception de clientèle, stockage de marchandises, par exemple) ;
- ne conduit à aucun désordre pour l’immeuble.
 
Le bail d’habitation du local concerné ne sera pas soumis au statut des baux commerciaux et ne pourra pas être considéré comme un élément constitutif du fonds de commerce.

Remarque : par dérogation à l’article L. 631-7-4, l’exercice d’une activité professionnelle, y compris commerciale, dans une partie d’un local d’habitation appartenant à un organisme HLM situé au rez-de-chaussée sera soumis à une autorisation du maire.

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5. Réduction des délais de paiement entre professionnels et pénalités de retard

A compter du 1er janvier 2009, les délais de paiement entre professionnels ne pourront pas dépasser 45 jours fin de mois ou 60 jours à compter de la date d'émission de la facture. A noter que ces délais peuvent être réduit par accord des organisations professionnelles.

Par ailleurs, le taux des pénalités dues en cas de retard de paiement est relevé. Les conditions générales de vente devront ainsi prévoir que les pénalités de retard ne pourront pas être inférieures à 3 fois le taux de l'intérêt légal (contre une fois et demi actuellement).

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6. Ventes réglementées (soldes, vente déballage)

6.1. Soldes

A compter du 1er janvier 2009 et sous réserve de la publication d'un décret d'application, les soldes pourront avoir lieu durant :
  • deux périodes d'une durée de cinq semaines chacune, dont les dates et heures de début sont fixées par un décret qui peut prévoir, pour ces deux périodes, des dates différentes dans certains départements pour tenir compte d'une forte saisonnalité des ventes ou d'opérations commerciales menées dans des régions frontalières ;
  • une période d'une durée maximale de deux semaines ou deux périodes d'une durée maximale d'une semaine, dont les dates sont librement choisies par le commerçant. Ces périodes complémentaires doivent s’achever au plus tard un mois avant le début des périodes visées précédemment et elles sont soumises à déclaration préalable auprès de l'autorité administrative compétente du département du lieu des soldes ou du département du siège de l'entreprise pour les entreprises de vente à distance.

Les produits annoncés comme soldés doivent avoir été proposés à la vente et payés depuis au moins un mois à la date de début de la période de soldes considérée.

6.2. Vente au déballage

L’autorisation préalable pour les ventes au déballage est supprimée et remplacée par une simple déclaration préalable auprès du maire de la commune dont dépend le lieu de la vente.

Les particuliers non inscrits au RCS sont autorisés à participer aux ventes au déballage en vue de vendre exclusivement des objets personnels et usagés deux fois par an au plus. La condition d’avoir leur domicile ou leur résidence secondaire dans la commune est supprimée.
 
Le seuil de la surface de vente à partir duquel les dispositions sur les ventes au déballage ne sont pas applicables aux professionnels qui justifient d’une permission de voirie ou d’un permis de stationnement pour les ventes réalisées sur la voie publique est supprimé.
 
La mesure devrait être applicable immédiatement en l’absence de mention contraire dans la LME (aucune date spécifique ou référence à un décret). Toutefois, le tableau de suivi des mesures réglementaires d’application prévoit un décret en Conseil d’Etat pour :
- refondre les procédures du fait du remplacement de l’autorisation par une déclaration ;

- déterminer les conditions particulières de participation des particuliers à de telles manifestations.

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