Un nouveau et avantageux régime de protection sociale des entrepreneurs individuels qui relèvent du régime fiscal de la micro-entreprise a été mis en place par l'article 53 de la loi n° 2007-90 du 5 mars 2007 et un décret du 15 mai 2007. Deux circulaires du Régime social des indépendants, l'une du 20 juillet 2007 et l'autre du 22 février 2008 apportent des précisions sur l'application de ce dispositif.
Il instaure, d'une part, un plafonnement des cotisations et, d'autre part, une option pour un régime déclaratif trimestriel.
Les entrepreneurs individuels qui relèvent du régime fiscal de la micro-entreprise bénéficiant du bouclier social, leur chiffre d’affaires annuel ne doit pas excéder :
Pour plus d’informations sur le régime fiscal, consulter la fiche pratique Le régime de la micro-entreprise.
Attention : seuls les entrepreneurs individuels relevant de la catégorie fiscale des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) peuvent bénéficier de ce régime. En conséquence, les autres dirigeants d'entreprise, même lorsqu'ils relèvent du Régime social des indépendants (RSI) - gérant d'EURL, gérant majoritaire de SARL ... - ne peuvent être affiliés au "bouclier social".
Les cotisations prises en compte dans le calcul sont :
En revanche, la contribution à la formation professionnelle est exclue du dispositif.
Une fois le calcul effectué, la CSG et la CRDS n'étant pas concernées par le plafonnement, elles seront calculées selon le droit commun puis imputées sur le montant obtenu et distinguées sur la fiche de paie (cf. exemple, infra).
Le montant des cotisations est d'abord calculé selon le régime de droit commun puis selon les nouvelles règles établies dans le cadre du régime micro-social. Le montant le plus favorable est retenu.
Pour plus d'information sur les taux et l'assiette des cotisations applicables dans le cadre du régime de droit commun, consulter la fiche pratique Cotisations sociales des commerçants pour 2008.
Dans le cadre du bouclier [micro-]social, le montant des cotisations se calcule par l'application d'un pourcentage au chiffre d'affaires réalisé.
Ce pourcentage est de :
Le plafonnement n'est pas cumulable avec d'autres exonérations. Celles-ci (ACCRE, exonération de cotisations maladie pour installation en zone franche urbaine ou zone de redynamisation urbaine ... ) s'appliquent prioritairement.
La circulaire précitée n° 2007/91 du RSI donne l'exemple suivant :
pour un commerçant réalisant un chiffre d'affaires de 20 000 euros, ayant un revenu (après application de de l'abattement forfaitaire de 71% lié au régime fiscal de la micro-entreprise) de 5 800 euros annuel, le montant des cotisations est de 3 383 euros dont 638 euros au titre de la CSG et 43 euros au titre de la CRDS, soit au total 681 euros.
En revanche, par application du "bouclier social" l'entrepreneur ne paie pas 3 383 euros mais une fraction du chiffre d'affaires égale à 20 000 X 14% = 2 800 euros de cotisations. L'exonération dont il bénéficie dans ce cadre est donc de 3 383 - 2800 = 583 euros.
Il ne paiera que 2 800 euros de charges, dont 681 euros au titre de la CSG et de la CRDS ne sont pas exonérés.
Normalement, les cotisations et contributions sociales sont calculées à titre provisionnel sur la base du revenu de l'année N-2 puis font l'objet d'une régularisation lorsque le revenu réel est connu. Cependant, dans le cadre du régime micro-social, il est possible de demander au RSI un calcul trimestriel en fonction du chiffre d'affaires réel de l'entreprise.
Ainsi, pour l'année de début d'activité et les deux années civiles suivantes, l'entrepreneur individuel peut demander que l'ensemble des cotisations dont il est redevable soient calculées trimestriellement en appliquant au chiffre d'affaires réalisé le trimestre précédent l'une des fractions de 14% ou 24,6% précitées.
La mesure est applicable automatiquement, sans demande préalable, à toute les entreprises bénéficiaires du régime fiscal de la micro-entreprise.
Cependant, en cas d'option pour le un calcul trimestriel en fonction du chiffre d'affaires, l'entrepreneur individuel doit formuler son choix auprès du RSI au plus tard dans les 60 jours suivant son immatriculation, par lettre simple ou en remplissant un formulaire spécifique (qui sera défini ultérieurement). Cette option est définitive.
Ensuite le chef d'entreprise adresse chaque trimestre une déclaration de son chiffred'affaires accompagnée du paiement des cotisations au plus tard 30 jours après la fin de chaque trimestre civil.
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